|
L'ostéopathie, une expérience sensorielle
Interview de James Jealous DO
Cet entretien a été réalisé à Pencerring Gardens (Pays de Galles), le 30 Septembre 2001 par Bruno Ducoux DO(Académie d'Ostéopathie). et Torsten Liem DO(Journal Osteopathische Medizin, Osteopathie Schule Deutschland). J.Jealous explique son cheminement ostéopathique, entre une longue initiation auprès de Ruby Day, le choc de la rencontre avec Rollin Becker, l'origine du terme « biodynamique »,la conscience que doit avoir l'ostéopathe de rechercher la santé au sertvice du patient.
Traduction : Marie Pierre Manzoni
Rechercher le monde naturel dans l'être humain
ApoStill :
Dr James Jealous, comment êtes vous venu à l'ostéopathie ?
James Jealous :
Mon père était ostéopathe, ainsi que mon parrain.
Ma première expérience en hôpital fût de travailler depuis l'âge de 14 ans dans un hôpital, en tant que technicien de radiologie, prenant les clichés pour un médecin ostéopathe.
Cependant, j'ai tout d'abord étudié la botanique pour devenir garde forestier, pour vivre dans la forêt et travailler avec les arbres.. Quand je suis allé à l'université, j'ai étudié la philosophie, la botanique et la médecine. Durant la 3 ème année, j'ai commencé à lire les livres d'A.T. Still et ils correspondaient à ma philosophie. Je me suis donc inscrit à Kirskville 1 où je m'attendais à ce qu'ils m'enseignent le «monde naturel» en l'homme. Car la médecine de Still était un traitement naturel, sans médicaments, sans apports extérieurs, utilisant la pharmacie de Dieu présente dans le cerveau.
J'y ai étudié 14 ans, puis je me suis installé dans un coin tranquille pour travailler avec les êtres humains dans la nature.
ApoStill :
Que pensez vous de l'allopathie ?
James Jealous :
Ce que j'apprécie avec l'allopathie, c'est que les praticiens font ce qu'ils disent ; les ostéopathes ne font pas toujours de l'ostéopathie.
A Kirskville, on a appris à savoir ce dont avait besoin le patient, et quelles étaient nos limites. Quand on prescrivait une chirurgie, ou un traitement allopathique, c'était parce qu'on regardait le patient dans son ensemble. Quand on prescrivait un antibiotique, ce n'était pas en fonction des symptômes, mais en fonction de ce que nous disaient nos mains. Le processus de pensée n'était pas allopathique, mais ostéopathique. En tant qu'ostéopathe, nous nous voyons comme un support, s'adaptant à la façon de vivre du patient, et non comme une autorité disant au patient comment vivre. Le patient n'est pas catégorisé. On peut donc prescrire des médicaments, dans certaines circonstances, dans un sens ostéopathique. Je fais environ 2 prescriptions par année, non pas parce que je suis contre, mais plutôt parce que je n'en ai pas besoin.
ApoStill :
Pensez vous que certains ostéopathes pratiquent avec leurs mains de façon allopathique ?
James Jealous :
Je dois dire que oui parce que le concept allopathique est de détruire la lésion, non d'aider la santé du patient, en laissant la nature faire son oeuvre. La cause n'est pas nécessairement là où est la lésion.
Mon père traitait de façon allopathique, avec médicaments, piqûres, et traitements ostéopathiques manuels !
page 1 | page 2 | page 3 | page 4 | page 5 | page 6 | page 7
1-Kirksville College of Osteopathic Medecine ; Missouri; USA. http://www.kcom.edu/
retour
|