Interview de JAMES JEALOUS, D.O .
par J-P.Noetmans, D.O. Membre titulaire de la S.C.A.B.
THINKlNG : De quelle époque date votre premier contact avec l'approche crânienne ?
Mon premier cours de crânien, je l'ai suivi en 1966 à KIRKSVILLE. Mais ce cours ne faisait pas partie du programme. L'ostéopathie crânienne était un cours à part.
THINKlNG : Qui donnait ces cours a l'époque? Le S.C.T.F?
Oui, j'ai suivi le cours avec le S. C T. F.
THINKlNG : Comment se fait-il que dès le début de vos cours en ostéopathie, vous vous êtes intéressé à l'ostéopathie crânienne?
Je crois que c'est à cause d'un événement qui m'est arrivé alors que j'avais à peine douze ans. Je me souviens que je regardais entre les arbres dans la forêt. En fait, je ne voyais pas les arbres mais l'espace et il y avait quelque chose qui bougeait, je me rappelle d'avoir eu cette pensée "Je veux voir la face de Dieu avant de mourir". Et idée du Souffle de Vie (Breath of Life) était déjà présente dune manière très naïve peut-être mais tellement profonde: innocente.
Cela n'avait rien de commun avec ce que j'avais pu lire dans mes livres ni même avec la croyance. Déjà, à cette époque j'éprouvais un amour très profond pour la nature.
THINKlNG : De là, votre expression, "Il faut voir dans chacun de vos patients la face de Dieu"?
L'expression est de Still. C'est le Dr. Still qui disait qu'il voyait dans chacun de ses patients la face de Dieu. Cette expression, moi je l'ai lue pour la première fois il y a seulement quatre ans.
Il faut que tu saches qu'à priori rien dans mon éducation ne m'a poussé dans cette direction si ce n'est qu'à KIRKSVILLE où l'on insistait vraiment pour que l'on connaisse la normalité. C'est de cette manière là que j'ai été éduqué à l'ostéopathie. Ainsi si je posais mes mains sur un patient diabétique. je devais m'en rendre compte par la sensation des fluides. S'il était anémique, j'aurais dû être capable de le sentir. Lorsque nous touchions la peau d'un patient, c'était vraiment un événement. Nous voulions être capables d'en déduire un maximum. Nous étions formés dans cette optique. Il nous fallait être capable de sentir une pièce de monnaie dans un bottin téléphonique. On nous encourageait à ne pas utiliser les examens de laboratoire avant d'avoir fait un diagnostic préalable. Nos capacités d'observations étaient réellement développées à leur maximum.
THINKlNG : Comment à travers votre vécu d'ostéopathe en êtes-vous arrivé à concevoir votre modèle Biodynamique?
Je n'ai jamais pensé autrement. Lorsqu'on m'a enseigné la mécanique en 1966, je n'étais pas vraiment intéressé. A l'époque. j'étudiais également l'embryologie et je m'intéressais plus particulièrement au mouvement des fluides dans le système.
Durant toute ma vie, j'ai toujours été à la recherche de cette autre intelligence. Je n'étais pas satisfait à l'idée de remettre uniquement des os en place . Ce n'est pas dans ce but que je suis devenu ostéopathe.
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Publié dans la revue THINKING, numéro 4, Décembre 98. Par la Sutherland Cranial Academy of Belgium (SCAB)
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