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Le monde du « dauphin merveilleux »
Veronique Servais 1
«L'aventure n'est pas une tricherie. S'il triche, I'aventurier sera vite démasqué. Comme dans toute activité humaine, il y a, dans l'aventure, les vrais, les purs, et les autres.» Paul-Emile VICTOR
Les dauphins fascinent les hommes depuis longtemps. En Crète déjà, mille cinq cents ans avant J.-C., on a représenté ces animaux sur des fresques qui en disent long sur l'ancienneté de l'engouement humain pour les cétacés. Des textes d'écrivains et de poètes leur ont été consacrés. Aristote, le premier à décrire les cétacés comme des mammifères dans Histoire des animaux, n'avait pas manqué de compléter ses observations en racontant quelques histoires de dauphins entretenant des relations d'amitié avec des hommes. Elles se sont renouvelées à travers les âges jusqu'a nos jours. Et tandis que les rencontres entre touristes et dauphins ont transformé en près de quarante ans la baie de Monkey Mia, à Shark Bay en Australie, en un gigantesque champ de foire visité par plus de sept cents personnes chaque jour, sous la houlette de vigiles en maillot, d'autres types de rapports plus anciens perdurent dans la tradition.
En Mauritanie, les pêcheurs locaux (les Imragens) collaborent par exemple avec des dauphins sauvages qui les aident à rabattre le poisson. Même chose à Santa Catarina au Brésil. Côté thérapie, l'histoire est plus récente. Elle date du début des années 70 avec Horace Dobbs, neurophysiologiste qui a vu sa vie transformée après sa rencontre avec un dauphin sauvage (baptise Donald), au large des côtes britanniques. Ce spécialiste de la recherche sous-marine envisage alors les bienfaits qu'un tel contact pourrait procurer auprès de personnes dépressives. A la même époque, en Floride, Betsy A. Smith, professeur en sciences sociales, tente une expérience pionnière : faire se côtoyer un adolescent autiste agé de dix-huit ans et des dauphins captifs pendant un an. Les résultats montrent alors de la part du jeune une meilleure concentration sur des problèmes posés durant plusieurs dizaines de minutes alors qu'il n'en était pas capable auparavant.
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Dans Sans les animaux, le monde ne serait pas humain de Karine Lou Matignon chez Albin Michel poche 2003
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